La loi de Goodhart

J'ai pris l'habitude de compter le nombre de mots (ou de signes, selon qu'on mesure à la française ou à l'anglo-saxonne) lors de mes sessions d'écriture. Cela me permet de marquer mes progrès et d'avoir une trace de ce que je fais, le but étant de conserver une certaine inertie, une lancée qui me permet d'aller au bout de mon manuscrit.

À un moment, c'était même devenu une obsession : j'avais toute une série de scripts pour compter ces mots dans mes documents Google Docs. C'en étaIt au point que si je n'atteignais pas le nombre de signes que je m'étais fixé pour ma journée, je ressentais une culpabilité qui pouvait me bloquer par la suite.

Totalement contre productif.

 "Quand une mesure devient un objectif, elle cesse d'être une bonne mesure". Je suis tombé sur ce principe, souvent attribué à l'économiste Charles Goodhart, lors de la lecture de Atomic habits de James Clear. Je pense que cela représente bien le problème.

Il faut plus l'aborder sous l'angle proposé par Lionel Davoust. Plutôt que d'écrire tous les jours (et de compter ses mots), il faut "toucher" son manuscrit tous les jours, c'est à dire travailler dessus, que ce soient pour des corrections, une relecture ou la rédaction du premier jet.